mercredi 10 février 2010

J'aligne ou je domine ?


Petite tâche de lumière formée au pied du monticule.

Déblais.


En arrivant sur le site, ce matin là, je ne savais pas exactement quoi faire. Je cherchais qu'elle pourrait être la ou les nouvelles formes à aligner au bord de la digue du canal.

L'accès à cette digue est facilité par une zone de déblais qui, quand il n'y a pas de neiges, sert de parking pour les promeneurs ou les pêcheurs. Sur le pourtour de cette zone subsiste les derniers délaissés qui n'ont pas était poussés. Habituellement, ces tas de gravas, de terres, de pierres ou de souches ne sont pas dès plus esthétique mais une couche de 15 centimètres de neiges leurs donnent beaucoup plus d'intérêt.

L'un des monticules, éclairé par l'arrière, a très vite retenu mon attention. Sa solitude sur cette aire avec un beau fond de végétations dans l'ombre lui donnait déjà beaucoup de présence. Toutes formes disposées à son sommet aurait été mise en valeur comme sur un piédestal. Je voulais de la simplicité alors dans la continuité de mes précédent travaux, j'ai installé un cercle de neige évidé en son centre. Je crois qu'il ne fallait rien de plus que deux formes solitaires associées.




39 commentaires:

  1. la première photo de ta création,est centré et sur ce monticule elle m'évoque un nombril, sur un ventre!
    J'aime le cadrage de la seconde,qui du coup échappe à sa réalité pour devenir une composition plus abstraite et plus graphique,jouant des contrastes de couleurs et de formes...j'aime beaucoup!
    Avec ces deux photos,tu évoques deux chemins possibles d'uns création...la première est un témoignage de ce que l'on peut voir in situ et la seconde est une extension de cette oeuvre...un tableau!
    je ne sais pas trop si je me fais bien comprendre...

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  2. Merci Flo et je comprends parfaitement ce que tu veux dire entre la photo réaliste sur le site et la composition abstraite

    David.

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  3. A l'occasion de travaux précédents, nous avions échangé sur l'importance, difficile à cerner mais incontestablement sensible, du "procédé de fabrication": La différence entre un alignement de colonnes moulées et un alignement de colonnes taillées.
    Je pense qu'il y a une différence du même ordre entre cette "roue" taillée et celle construite que j'ai réalisée:
    http://www.flickr.com/photos/zotur/4288467398/in/set-72157623243117364/
    Je trouve ça d'autant plus intéressant qu'en l'occurrence il s'agit d'auteurs différents, de démarches indéniablement différentes (en remontant tes articles, on voit le parcours) pour une grande similitude formelle à l'arrivée.
    Peut-être que c'est moi qui fait une fixation en ce moment, mais je n'arrête pas de voir partout cette thématique du rapport entre l'image et la matière.

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  4. C'est génial : et encore une fois très ancestral comme idée. j'adore.
    Brrrrr... qu'est ce que je t'envie.... tu pratiques à fond! Moi je suis en train d'attendre la fin du moins pour ma journée land art mensuelle... Alors je cogite, j'ai plein d'idées, mais ça manque de pouvoir pratiquer quotidiennement!
    vivement les vacances!!!
    j'aime beaucoup ce fond dans l'ombre avec ce cercle, c'est vraiment magique!

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  5. La position de cette réalisation est ostentatoire!
    Elle y gagne en effet spectaculaire...
    ... ce qu'elle y perd en force!
    Elle devient très sculpturale...
    ... c'est de "l'art dans la nature"
    La limite est ténue, je pense que cette réalisation nous donne une bonne occasion de la percevoir.
    Sur la première image, imagine la différence si, par exemple, le monticule était resté vierge et la roue installée sur la petite bosse à gauche...
    ... pas forcément mieux, mais un parti pris et un propos de nature totalement différente.

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  6. exact Franck : nous sommes en effet à la limite entre le land art et l'art in situ. Où l'objet artistique est mis en jeux avec la nature et non un art de la nature. Mais cette limite est bien tenue. En particulier du fait de l'éphémère je pense.

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  7. Je sens une légère envie de me caser.

    Franck: je ne sais pas trop quoi te répondre sur cette ressemblance. On est influencé par ce que l'on voit, parce que l'on imagine, ce sont des formes géométrique simple, on fini forcément par faire la même chose. Je ne vois pas trop où tu veux en venir comme sur ton rapport entre l'image et la matière.

    Emmanuel: c'est enviable de pouvoir pratiquer régulièrement mais c'est aussi enviable de pouvoir travailler et avoir un revenu convenable chaque mois. Enfin...!

    Re-Franck : ça y est, c'est l'exclusion du land art! Je deviens un sculpteur in situ, je l'ai peut-être toujours était qui sait. Moi, je ne vois aucune différence entre les deux et ce n'est pas cette classification qui me fera changer de direction. Je fais ce que j'ai envie et s'il fallait vraiment me classer dans un tiroir, ce serait peut-être dans les artistes pluridisciplinaire.

    Je travaille par nature, dans la nature, avec des éléments naturelles.

    Re-Emmanuel : "Où l'objet artistique est mis en jeux avec la nature et non un art de la nature." Ça gamberge!

    Encore une fois, je ne vois pas la différence entre les deux. Vous faites tous des objets artistiques qui sont mis en jeu dans la nature. Un art de la nature serait par essence un art réalisé par la nature. Il ne me semble pas que la nature fasse de l'art à proprement dit, c'est plutôt notre vision humaine qui voit dans les formes de la nature un potentiel artistique. À ce compte là, toute la nature est une pluralité d'objets artistiques imbriqués. Un arbre au milieu d'un champs devient un objet d'art par l'oeil averti de l'artiste mais n'est pas pour autant un objet artistique en lui-même.

    Je joue sur les mots mais il y a de quoi réfléchir à vos intentions. Pour m'expliquer, il faudra me dire ce que vous faite vous et il me semble que ce sont bien des objets artistique (pensée humaine) mise en scène dans la nature.

    David

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  8. J'aimerais bien avoir une explication à partir de vos propres travaux et non à partir ceux des autres. C'est bien de savoir réciter les paroles de H. de Vries mais quand est-il de vos propres travaux par rapport à ces positionnements.

    David

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  9. je suis un peu comme david, je ne saisis pas trop vos nuances...et surtout ce que ça change!
    Mais,tant qu'on ne se laisse pas ranger,il n'y a pas de frontière d'une expression à une autre!

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  10. Est-ce si important de faire parti de l'un ou de l'autre et si oui, qu'est-ce que ça change?

    David

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  11. Tu te méprends vraiment sur mes intentions David. Je ne suis pas en train de jouer à celui qui a la plus grosse avec toi, ni à chercher à donner des leçons, ni à ranger qui que ce soit dans des tiroirs.
    Je suis scotché dans mon confort bourgeois en ville, et frustré de ne pouvoir expérimenter physiquement ce que je tire du bouillonnement actuel de nos échanges sur ton blog et celui de Manu.
    Je m'apprêtais à m'en expliquer, mais la lecture de ton dernier post m'en dissuade: s'il faut avoir soi-même fait ses preuves pour émettre un avis ici, je vais aller voir ailleurs...
    T'es génial David... juste un rien parano!

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  12. si je devais parler de mes travaux je dirais la même chose que pour les tiens. Mon site s'appelle "mon land art à moi" et non "land art". Donc comme toi je fais du pluridisciplinaire et parfois j'ai aussi envie qu'on ne parle pas de classification et qu'on me foute la paix avec ça. Et d'autre fois je gamberge plus comme aujourd'hui. Regardes encore ma courbe de Blé dans l'église... c'est encore autre chose. Et avec les travaux de Verschueren, lui aussi n'a pas envie de définir ses travaux qui tantôt ressemble à Goldsworthy, tantôt à Udo, tantôt à autre chose... Est ce à dire qu'il
    J'ai l'impression que ces réflexions sur land art or not land art t'ont faites bondir. Mais est ce parce que tu est vexé qu'on dise que tu as fais un objet qui pourrait ne pas être du land art ou bien parce que les catégories artistiques te gonflent comme moi et que tu fais ce que tu fais un point c'est tout? En même temps ton site s'appelle lui "land art expériment" alors j'imagine que tu as une position précise sur ce qui est land art et ce qui ne l'est pas.
    Mais pour conclure et si je relis tes com précédents, je suis d'accord avec ta vision des choses et dans mes travaux, je pense un peu comme toi. Et dans mes travaux en préparation c'est bien sur ces questions que je me penche. Je n'ai donc pas encore de réponses mais je suis dessus.
    cependant la subtilité de la remarque de Franck a de quoi faire réfléchir. mais là, à vrai dire j'ai le cerveau en compote et j'arrive pas bien à cogiter alors je passe la main. On a trop fait forcer le cerveau hier...
    et pour finir je m'excuse de la tirade sur le temps accordé au land art car je l'ai écrite sans réfléchir à ta situation donc c'était idiot de ma part de me plaindre.

    tu veux rire. Tu sais ce que c'est le mot à recopier pour valider le commentaire : "encular"... promis j'invente rien.

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  13. Je suis ni génial ni parano mais j'aimerais avoir des explications sur la différence que vous faite entre le land art et l'art in situ tout en me montrant des exemples personnels que je pourrais voir plus facilement qu'en parcourant le net ou des livres que je n'ai pas. J'ai jamais écrit ni pensé qu'il fallait faire ces preuves pour donner son avis. Si j'avais vraiment ces pensées surdimensionnées, je ne prendrais même pas la peine de répondre à vos commentaires et à vos questions. La méprise est dans les deux sens.

    J'essaye de comprendre tes propos sans toujours voir le rapport entre les différents éléments. Je suis en quête d'une explication et mon dernier message était une question qui était peut-être mal formulé mais qui je crois, allait dans le sens du message de Flo.

    Et celui qui à la plus grosse, ce n'est certainement pas moi! ;o)

    David

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  14. non, tu te méprends, il n'y avait aucune critique dans mes propos. J'ai réagis aux propos de Franck en suivant sa logique, mais en sachant également que cette réflexion s'appliquait également à mes travaux : mes trcutures en blé posées sur la pelouse (j'en ai une à vous montrer dans la neige d'ailleurs) font plus penser à de petites structures architecturées. Est ce de l'art dans la nature? je pense que ça se rapproche plus de l'architecture. donc dans ce cas précis je m'éloigne du land art. Mais c'est mon land art à moi. autre exemple :
    mes roses posées dans l'eau. est ce du land art? pour moi c'est plus une sorte de composition picturale, limite de l'art florale. donc tu vois, moi aussi je flirt avec tous les genres, jusqu'au moment où je trouverais celui qui me convient.
    Et cette roue au sommet de la bute se prêtait bien à se débat sur "l'objet artistique". Sans plus donc ne nous prenons pas le choux avec de pseudo réflexions artisticothéoriques : faisons juste de l'art dans la nature et éclatons nous!

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  15. Comme flo et comme toi, ça m'énerve ces classifications même si ça m'intéresse de connaitre les subtilités de la différence entre les deux. On ne sait jamais, si un jour je suis confronté à cette question, j'aimerais donner mon avis sans avoir à éluder cette interrogation par une réponse bateau. Enfin, l'art in situ, ça englobe énormément de discipline, c'est un pot-pourri artistique.

    Pour le nom du blog, c'est pour qu'il soit un peu plus visible, sans pour autant qu'il soit le plus visité de France ou d'ailleurs. Je me suis inspiré de ta démarche. "projet OAZ" et coincé entre une association et un agilitateur du net donc avec land art, il rejoint les autres blogs dévolus à cette activité.

    Pas besoin de t'excuser sur mon temps de travail, par cette contradiction, j'ai essayé d'expliquer que j'ai la chance d'avoir beaucoup de temps libre mais pas d'emploi. Je suis loin d'être dépressif à cause de ça.

    Ces mots à recopier sont parfois tordant ou provoquant comme celui-là. Ça peut donner des idées pour trouver des mots nouveaux, je suis sûr que c'est un reliquat des agences de pub, un ancien générateur de nom de marque.

    David

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  16. ohhh non,non,non!!
    je suis désolée que franck est mal pris les questions de david!
    je n'ai pas senti chez david de parano...juste une manière de parler un peu directe qu'on peut mal interpréter,mais dans laquelle il demandait des faits plus que des mots pour comprendre!
    Du coup,Franck, en te retirant, tu ne réponds pas non plus à mes quetions!
    et moi j'aimerais finalement avoir une définition du land art et comprendre la nuance avec l'art dans la nature!
    Juste pour savoir de quoi vous parlez quand vous en parlez et histoire d'enrichir ma culture personnelle!
    Tu ne peux pas nous laisser le bec dans l'eau...fait froid...ça gèle!
    :-)

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  17. En attendant une éventuelle réponse de Franck, voici un lien sur le site du centre Pompidou qui donne une certaine définition de "l'œuvre in situ".

    http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-oeuvre-espace/ENS-oeuvre-espace.htm

    David

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  18. ça viens Flo, mais sur ce coup là, il faut que je fasse gaffe à ce que je dis, et le sujet n'est pas facile... j'y travail.

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  19. Certains de nos propos exaspérés sont causés par notre environnement, par exemple par les problèmes que l'on a eu durant la journée, par le mauvais temps, par les bouchons, etc.

    Pour me prendre comme exemple, hier chez moi, il ne faisait pas très beau et j'étais assez fatigué par ma dernière réalisation, j'ai essayé de suivre votre débat et de m'abstenir le plus possible d'écrire mais je n'ai pas pu m'empêcher de mettre quelques conneries. Il m'arrive aussi dans certains moments de tensions de ne pas bien lire ce qui est écrit et ça porte à confusion et à contradiction.

    Si ça m'arrive à moi, je ne vois pas pourquoi cela n'arriverait pas aux autres. Après une bonne nuit de sommeil et quelques rayons de soleil, les yeux se repositionnent en face de leurs orbites et on revoit, désespéré, les conneries ou les contradictions que l'on a écrit la veille.

    J'excuse tout à partir du moment où c'est réciproque.

    David

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  20. Je reviens sur le "procédé de fabrication" mentionné dans le premier message de Franck. Pour cette dernière série, j'ai utilisé une machette et aujourd'hui en allant me promener, j'ai réitérer l'expérience avec une scie d'arboriculture. C'est une scie légèrement courbée ayant un peu la physionomie d'une machette, ça n'a rien à voir avec une scie à bûche par exemple.
    La scie est bien plus précise pour les découpe et les trouée qu'une machette et ça ouvre pleins d'autres possibilités très intéressante. J'expérimente dans un autre lieu et je vous livrerais tout ça dans les semaines à venir.

    David

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  21. Le décalage entre l'envoi du commentaire et sa validation fait que d'autres parfois s'intercalent.
    David, je faisais référence à celui où tu as écrit ça:
    "J'aimerais bien avoir une explication à partir de vos propres travaux et non à partir ceux des autres. C'est bien de savoir réciter les paroles de H. de Vries mais quand est-il de vos propres travaux par rapport à ces positionnements."
    Je ne suis pas franchement susceptible, mais je pense qu'il y a quand même là matière à prendre la mouche!
    Maintenant que l'abcès est crevé, je vais essayer d'expliquer pourquoi je trouve ces questions passionnantes et enrichissantes pour qu'on puisse reprendre sur des bases saines.
    Tout d'abord, je tiens à préciser que tout comme vous je n'accorde aucun intérêt aux classifications pour elles-mêmes (les tiroirs) et y associe encore moins de jugement de valeur.
    A priori j'aurai tendance à considérer que la plupart du landart est de l'art dans la nature: Spiral Jetty par exemple qui est un incontestable acte fondateur du landart.
    A contrario le lightning field de Walter de Maria, bien que réalisé à partir de matériaux industriels met en évidence des phénomènes naturels plus qu'il ne constitue une oeuvre sculpturale.
    http://artscool.cfa.cmu.edu/~king/earthworks/e_images/LightningField.jpg
    Il y a derrière tout ça des démarches et des intentions différentes même s'il y a parfois des similitudes formelles et autant d'hybridations que d'artistes, fort heureusement.
    Quand herman de vries dit "je déteste l'art dans la nature" et l'étaie, c'est extrêmement vivifiant, et même si personnellement j'aime l'art dans la nature, ça m'aide à comprendre des trucs sur le landart, certes, mais aussi sur les rapports entre science, philosophie et art, mais surtout sur moi-même, sur ma curiosité insatiable, mon rapport à l'environnement (naturel ou pas) et aux autres, à la société, mes problèmes avec la représentation graphique, le dessin, la photo…
    Plastiquement, ses œuvres ne cassent pas trois pattes à un canard… mais ce qu'elles nous donnent à voir…
    Par exemples:
    Il pose une feuille blanche sous un arbre pendant une heure et colle les feuilles à l'exacte place où elles sont tombées, met sous verre et encadre… c'est superbe… est-ce qu'une composition "artistique" aurait été meilleure?
    Accompagné d'un géologue et d'un compagnon, il fait polir un cercle sur une pierre pour en révéler la structure remarquable, et reproduit l'opération en différents endroits de la réserve géologique de Digne. Il appelle ça des "fenêtre".
    (à suivre)

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  22. (suite)
    Lorsque Andy crée dans la nature avec des matériaux naturels, il expérimente les caractéristiques de ces matériaux et le milieu dans lequel il intervient. Ce qu'il nous donne à voir à comprendre et à ressentir dans nos tripes va très nettement au-delà de l'objet artistique dont les formidables qualités plastiques pourraient presque nous suffire.
    Par exemples:
    Il aligne des galets dans un dégradé de couleur et nous révèle que sur cette grève où nous ne voyions à priori que du gris, cette richesse chromatique existe. Je ne sais pas si vous avez déjà tenté de reproduire l'exercice, mais pour trouver les dernières pierres de la bonne couleur il faut incroyablement aiguiser son regard.
    Il reproduit le même cairn en forme de pomme de pin avec des pierres différentes et dans des lieux différents et modifie notre regard sur ces lieux.
    Lorsque Nils Udo crée avec des matériaux naturels, il nous impressionne par sa virtuosité, nous éclabousse de couleurs et réalise des compositions très graphiques, il renouvelle avec brio la tradition de la peinture paysagiste, il nous emporte avec sa poésie.
    Mais il ne nous apprend quasiment rien sur le milieu dans lequel il intervient et sur les caractéristiques des matériaux qu'il met en oeuvre; il faudrait être aveugle pour ne pas voir les fleurs très colorées qu'il utilise même si le talent pour en faire ce qu'il en fait est réellement exceptionnel et digne d'admiration.
    Evidemment, vous l'avez compris, je suis en ce qui me concerne beaucoup plus sensible au travail des deux premiers qu'à celui de ce dernier, mais je me garderai bien d'accorder une quelconque valeur absolue à cette simple préférence personnelle.
    Ce dont je suis certain, c'est que ces artistes, qui ont des années d'expérience, se sont confrontés aux mêmes questionnements que nous et que c'est la façon personnelle dont ils se sont positionnés par rapport à eux qui fait la force et l'originalité de leur œuvre, et qui les distingue de leurs suiveurs quelquefois très talentueux. Le génie spontané, jaillit de nulle part est un mythe.
    Ces notions, que je trouve fondamentales, sont difficiles à percevoir, c'est pour cela que je les pointe et que je vous les soumets lorsqu'il me semble les discerner dans les travaux que vous présentez. Mes essais personnels ne sont pas des références, ils sont pour la plupart anciens, et ont surtout le mérite de m'avoir permis d'apprécier plus intimement le travail des artistes que j'admire… et le votre. Je pense avoir à l'occasion exprimé mes intentions, mais je ne suis pas forcément le mieux placé pour critiquer objectivement mes propres tentatives… alors ne vous gênez pas.
    (à suivre)

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  23. Pour revenir à l'installation de David, elle est magnifique (je suis sincère), la lumière est impeccable et la photo parfaite. Elle est sculpturale, et sur son piédestal, elle en jette un max. Mais que nous apprend-elle sur la neige et sur le paysage qu'elle inféode à sa magnificence.
    Dans mon deuxième commentaire, j'essaie d'imaginer à quel point la nature même du propos pourrait être modifiée par une implantation différente, pas pour faire le malin, ou dire que ce serait mieux, mais juste pour en prendre conscience en l'expérimentant mentalement.
    Lorsque j'admirais une des sentinelles d'Andy à Digne, je me suis imaginé dans sa situation, face à l'immensité du territoire de la réserve géologique devant choisir un emplacement pour installer ce cairn, et j'ai pris conscience de la pertinence de son choix. J'ai découvert ensuite dans les bouquins l'importance qu'il accorde à l'implantation de ces œuvres en général, en adéquation avec le message qu'elles portent et j'ai eu depuis l'occasion de le constater sur place pour certaines.
    Pour ce qui est de mon premier message et du rapport à la matière, je voulais une fois de plus nous amener à réfléchir sur l'importance d'un paramètre primordiale même s'il peut paraître anodin à priori.
    J'avais été frappé par la différence, que je ressens comme fondamentale mais que j'ai du mal à vraiment cerner, entre tes colonnes moulés et tes colonnes taillées… une différence de même nature que celle existant entre des poteaux bétons et des colonnes en pierre… et donc potentiellement de nouvelles possibilités.
    Même chose avec cette roue de neige que je me suis permis de mettre en parallèle avec "l'arche" que j'ai moi-même réalisé. Je me rends compte juste maintenant en écrivant, que c'est précisément le "procédé de fabrication" qui est certainement à l'origine du caractère très sculptural de ta réalisation alors que la mienne a plus un caractère "constructif". Encore une différence fondamentale à mon sens, et aucun jugement de valeur de ma part… je trouve même ton procédé moins "conventionnel" et certainement porteur de nouvelles possibilités.
    On est encore bien loin d'avoir fait le tour, mais je pense qu'il est grand temps que je passe la main.

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  24. Merci Franck d'avoir pris le temps d'écrire ces trois long message.

    Alors oui, effectivement mes propos étaient très maladroit mais je pensais que tu faisais une différence entre le land art et l'art in situ.

    Pour revenir à ton dernier message qui me concerne plus même si tes précédents questionnements sont très intéressant.
    Je trouve aussi que le choix du lieu est primordiale et c'est pour cela que j'ai choisi le haut de la butte de terre. C'est là que j'ai trouvé que l'ensemble avait la meilleure place même si l'importance de celui-ci est bien moindre que d'autres de mes réalisations dont j'ai pris beaucoup plus de temps pour choisir leur emplacements finales.

    Quand à la matière, je comprends mieux de quoi tu voulais parler même si moi-aussi je n'arrive pas à bien définir mon attirance pour cette mise en œuvre. Je dirais qu'en étant petit-fils de maçon, qu'ayant travaillé avec mon père à la restauration de notre maison, qu'ayant travaillé avec un maçon pendant quelques étés et enfin maintenant travaillé seul dans de petites réalisations comme des murs ou des escaliers, je dois avoir développer un envie, un sens, une accoutumance ou je ne sais quoi pour ces matériaux de constructions, pour la mise en œuvre de ceux ci. Je trouve dans ces réalisations cette même façon de faire. Après ce constat, on peut dire que nos expériences influent énormément sur ce que l'on réalise ensuite.

    Sur ma première réalisation, tu faisais le parallèle avec la carotte de glace. Je crois que mouler cette neige me permet de pénétrer dans cette matière, d'en observer la composition ainsi que les variations que l'on ne peut pas percevoir quand on a l'ensemble d'un monticule de neige. Une colonne comme celle-ci montre beaucoup de chose quand elle est mise à la verticale, on peut en apprécier sa plasticité, ses comportements changeant face au soleil, les effets de lumières qui l'a parcours et ses attitudes aux différentes heures de la journée. D'ailleurs plus ça va et plus j'ai du mal à m'en passer.

    Je crois que tu as bien fait la différence entre ton arche et ma roue, entre le constructif et le sculptural. L'un est composé, assemblé et l'autre sculpté dans la masse. Je trouve qu'il manque un troisième élément, qui se situerait juste au centre des deux. Ce serait les arches de pierre de Goldsworthy qui sont dans la Ferme du Belon à Draix. Il se compose de blocs de calcaire qui sont taillé en claveau. Au contraire, ton arche est composée de blocs de neige qui ne sont pas taillés pour épouser la forme de l'arc mais qui sont juste assemblés par superposition. C'est la façon de les mettre en œuvre qui diverge mais est-ce autant cela qui nous fait apprécier l'un ou l'autre ?

    Bon, pour le reste, je verrais cela demain matin.

    David

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  25. wouuu!
    ça fuse les gars. je profite donc de la pause café en retard due à la neige (big smile pour Dave) pour vous dire à quel point cette discussion est intéressant. je ne sais pas trop quoi ajouter mais sachez que je me suis régalé en vous lisant et que mon petit dèj s'en est vu illuminé.
    merci à vous

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  26. Tu vas pouvoir prendre encore quelques cafés Manu car on n'est pas au bout!
    Content qu'on ait pu s'expliquer David car je trouve que ça devient franchement passionnant!
    Concernant la position de ton installation, je sais très bien que tu choisis avec soin l'emplacement de tes réalisations. Et elle est ici parfaitement en phase avec ton propos sculptural.
    Par mon commentaire je voulais mettre en évidence le fait que moins dominatrice, cette roue aurait mis plus l'accent sur le rapport au paysage que sur ses qualités plastiques intrinsèques.
    Je me rends compte que j'ai brouillé les pistes en introduisant dans cette analyse "objective" l'expression de mes préférences personnelles.
    Faisons maintenant l'exercice inverse en imaginant les installations d'Andy non pas sur des épaulements, des contrebas, des cavités... mais sur des sommets, des monticules, des piédestaux...
    Leur rapport à l'environnement serait radicalement modifié attirant plus l'attention sur leurs qualités plastiques intrinsèque... et le propos d'Andy serait totalement modifié (il n'aurait plus la bénédiction d'herman ;oD ).
    Ton propos n'est pas le sien, mais il a beaucoup gambergé la dessus y compris lorsqu'il bossait comme ouvrier paysagiste dans l'Eden Vallée dominé par les Neufs Standards (neufs cairns d'environ 3 mètres de haut érigés sur une colline par les anciens); et je pense que nous aurions tord de refuser de profiter de l'enseignement de son expérience... même si nous aspirons à autre chose.
    Pas question non plus de plomber notre spontanéité sur le terrain avec toutes ces considérations, juste ranger cela dans un coin de notre tête pour nourrir notre intuition tout autant que notre réflexion.
    Je ne peux également m'empêcher de faire le parallèle avec ton commentaire sur un de mes travaux: http://www.flickr.com/photos/zotur/4324723163/ et sur celui, divergent, de Flo.
    A la réflexion, je pense que si l'occasion se présentait de réitérer cette expérience, j'approfondirai plutôt dans la direction indiquée par Flo, qui je pense correspond plus à mes aspirations profondes, que dans celle plus didactique et esthétique que toi et manu suggérez… quitte à ce que ceux qui n'ont pas votre regard affûté passe à côté… ce qui n'est finalement pas si grave.
    Au bout du compte tu as réussi à me faire sortir du bois et à parler de mon travail… je pense que nous pouvons aussi faire le lien avec cette discussion: http://www.flickr.com/photos/zotur/4325444260/

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  27. Cette installation est ma petite gloire passagère puisque les prochains travaux ne vont pas du tout dans ce sens de mise en valeur.

    Oui, effectivement, en réfléchissant sur cette position dominante qui expose plus qu'elle ne propose, il y a beaucoup de choses à dire. Pour moi, ce n'est pas une réalisation importante, c'était la mise en jambe de cette journée créative, il fallait peut-être quelques choses pour me motiver à continuer dans ce sens.

    David

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  28. pause café de 10h30 :
    vous savez ce que j'adore dans nos échanges et qui me manquerait s'ils devaient se tarir? Des fois je perd un peu la foi. Je me dis : soit sérieux, t'as un boulot prenant, une famille, pourquoi fais tu du land art? Tu copie les plus grands et quand bien même tu trouves ta voie, qui te dis qu'elle sera extraordinaire.
    Et puis il y a nos débats, nos discutions et ça repart. Nos travaux, aussi simples soient-ils, prennent sens. Le but n'est pas d'épater la galerie mais juste de chercher du sens. Un sens. Et on cherche ensemble. Peut-être qu'au final nous trouverons chacun notre voie mais une chose est certaine : Je devrais cette personnalisation de mes travaux en partie à vous.

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  29. Retour à la matière:
    Nous avons décidément beaucoup de points communs, David, car bien que n'ayant pas d'antécédents familiaux, il se trouve que j'ai un CAP de maçon, et que j'ai construit ma maison moi-même… j'en ai charrier tous les matériaux à la brouette sur une assez longue distance, ce qui fait que je sais dans mon corps ce que pèse une maison.
    Oui, nos expériences influent énormément sur nos réalisations (qui constituent elles-mêmes de nouvelles expériences) comme elles ont elles-mêmes été influencées par celles qui les ont précédées. Il y a très peu d'inné dans tout ça. Et c'est souvent à la faveur d'un événement anodin, qu'on découvre ce qui les lie comme les pièces d'un puzzle. On fait alors un grand pas dans la connaissance de soi.
    Ce que tu dis sur les colonnes moulées va exactement dans le sens de ce que je pense, mais je trouve que tes réalisations avec ce matériau ne nous donne pas à voir cette réflexion.
    Pour le moment tu as exploité le clonage en grande quantité que permet le procédé, et leur qualité plastique (j'ai été sincèrement éblouis par ta réalisation magistrale avec le feu).
    Je pense que tu en es sur ce sujet, au stade où j'en suis avec la plupart de mes travaux: l'expérimentation personnelle… mais sur ce coup là, je trouve que tu ne fais pas encore totalement "ton boulot d'artiste" car tu ne transmets pas cet aspect dans ce que tu présentes. Les colonnes moulées y sont traitées de la même manière que celles taillées.
    Si c'est un choix délibéré… je le respecte. Sinon, ce serait dommage de passer à côté de ce formidable potentiel.
    Même chose pour les roues.
    Pour ce qui est de savoir si les procédés de mise en œuvre ont une incidence sur l'appréciation du spectateur… pour moi, l'affirmative est une évidence.
    Les choses ne sont pas noires ou blanches, et toute œuvre est un savant dosage, mais en simplifiant: une œuvre graphique, picturale, sculpturale renvoie à l'histoire de l'art, à des évocations formelles et poétiques… alors que cette composante, à laquelle je ne sais donner de nom, des œuvres d'Andy par exemple, qui joue sur l'empathie, renvoie directement aux expériences personnelles du spectateur et les sublime.
    Par exemple, la lecture du terrain lors d'une descente en snowboard dans une pente vierge et la trace laissée prennent alors un éclairage artistique, sans parler de l'hyper vigilance et l'hyper sensibilité à la versatilité des éléments… rappelez vous cette scène de Rivers and tides où Andy parle à côté d'un écran de tiges qu'il est en train d'élaborer et qu'imperceptiblement le vent se lève…
    Encore une fois, il n'y a pas à voir là de jugement de valeur, mais des différences fondamentales, qui feront que nous serons bouleversés ou que nous resterons de marbre en fonction de nos sensibilités et de nos parcours personnels, induites par des éléments pouvant paraître insignifiants.
    Cette installation n'est pas une de tes œuvres majeures, mais je la trouve importante, pour moi en tout cas, car elle m'a permis de clarifier mes idées au fur et à mesure que je les mettais noir sur blanc.
    Je ne sais pas s'il en est de même pour toi David, ni pour ceux qui suivent ce fil sans forcément se manifester.
    C'est toi ce coup-ci qui en a fait les frais… c'est parfois Manu… merci pour les espaces de discussion et la matière à réflexion que vous offrez.

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  30. H.S : Mais il fallait le faire pour être clair sur nos intentions, voici des exemples de smileys à insérer dans vos messages.
    C'est une première pour moi, j'ai réussit à changer le code HTML de mon blog sans foutre le bordel.

    Pour revenir à vos messages :
    On a tous des formations différentes qui s'inscrivent dans ce que l'on fait mais que l'on ne perçoit pas. Je ne vais pas écrire ici mon CV qui est assez chargé. Mais en y réfléchissant, j'entrevois le potentiel de tout mes changements de caps passés et tout ce que cela m'a apporté et qui, en y réfléchissant bien pourrait générer ma démarche personnel. Je ne me posais pas trop la question jusque là mais il faudrait que je fouille plus dans mes expériences vécues et les faire ressortir dans mes travaux. Ou montrer mes travaux antérieurs pour apprécier cette continuité artistique. Sans faire d'annonce, j'y pense fortement.

    Enfin, pour lever un morceau du voile, j'ai toujours travaillé avec l'expérimentation sans forcément aboutir à quelques choses. Le résultat m'importe peu puisque je n'arrive pas à aboutir mais plutôt tout le chemin parcouru et les expérience qui en découle.

    J'ai toujours donné une grande importance au chemin parcouru, la preuve en est sur les citations de l'un de mes autres blogs : http://marcheur-au-hasard.blogspot.com/
    Allez voir, j'ai la flemme de les recopier.
    Il y a notamment quelques randonnée illustré dans la réserve géologique de Digne-les-Bains, si ça vous intéresse.

    Ce débat me conforte dans cette idée de parcours.

    David

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  31. J'étais déjà allé sur ce blog qui rejoint pas mal mon expérience personnel. Elle me rend très sensible au travail de Richard Long dont j'ai eu l'occasion de voir la superbe exposition à la Tate Gallery (le catalogue est génial) et j'imagine que c'est pareil pour toi.
    J'hallucine quand je vois que tu étais à l'Escuichière et au Vieil Esclangon début avril car j'y étais avec ma tribu entre le 21 et le 25. Nous avons dormi au refuge, sans doute parmi les premiers de la saison... une expérience fabuleuse.
    Tu comprends donc parfaitement ce que je veux dire quand je parle du choix du site et de l'ostensibilité de l'oeuvre... la plupart des promeneurs passent à côté sans même soupçonner l'existence de ces pièces majeures.
    En montant au point de vue sur "le vélodrome" au dessus du refuge, nous sommes tombés par hasard sur le "sator" d'herman de vries, carré magique gravé en lettres d'or sur un rocher, ce qui à mis en branle notre curiosité. Après nous être informés au musée Gassendi en ramenant la clé, nous sommes remontés au sanctuaire de roche rousse, sur le versant juste en face du Viel Esclangon... mais je crois que j'ai déjà raconté tous ça chez Manu cet été....

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  32. Oui, j'ai fait quelques kilomètres de reconnaissances ce mois là pour la préparation d'une randonnée land art que j'ai fait au mois de mai. J'ai croisé quelques personnes mais je ne me rappelle pas avoir croisé de familles.

    Moi aussi, j'ai découvert les œuvres d'Herman de Vries à ce moment là, car je dois l'avouer, j'ai tendance à être curieux de tout surtout dans ces endroits. La première chose qui m'a surpris, c'est l'inscription au fond de la fontaine du Vieil Esclangon, je ne savais pas du tout que c'était l'œuvre d'un artiste, j'ai plutôt pensé à une phrases inscrite en provençale comme une mémoire du temps jadis. Et puis je suis monté au Col de l'Escuichière par un chemin de chèvre, à travers les pentes du Blayeul, du pur hors piste. Par ce biais, j'ai découvert des endroits fantastiques autour du Vieil Esclangon.

    Ensuite, je suis revenu d'autre fois et puis le 22 avril pour un grand périple autour du Bès. Ce fût un grand moment de découverte comme le relate un peu les photos. Ce qui m'a attiré sur l'autre côté du vallon, ce n'est pas les œuvres Herman de Vries mais plutôt ce qui pouvait ressembler à une chapelle sur le haut du vélodrome. En montant, j'ai vu cette phrase gravé dans la roche, puis ces pieux métallique au bout doré autour de l'ancienne maison forestière et enfin un piquet solitaire à la croisée de plusieurs sentiers avec l'inscription "silence". Pour les deux premiers, je n'ai pas fais le rapprochement et pour le dernier, je pensais qu'il y avait un rapport avec l'ermite et son église orthodoxe qui se trouvent sur la crête du vélodrome.

    J'ai loupé la présentation du sanctuaire des roches rousses par Herman de Vries. J'étais à l'école des Beaux Arts de Digne pour discuter avec un de mes anciens professeurs (eh oui, je suis aussi passé par là). Et au cours de la discution, il m'a parlé d'un artiste qui faisait des installations dans les montagne autour de Barles et que ce jour là, il présentait ces travaux au public. Comme il n'était pas sûr de l'endroit où il faisait cette présentation, je n'ai pas tenté d'y aller.

    C'est quelques jours après, en allant au musée pour rendre les clés que l'on m'a expliqué que c'était l'œuvre d'un artiste nommé Herman de Vries. Et j'ai compris que j'avais loupé la présentation du sanctuaire des Roches Rousses par Herman de Vries.

    Je suis aussi surpris qu'il y ai une inscription sur le promontoire en face du vélodrome, celui-ci je l'ai gravit plusieurs fois, en suivant le chemin ou en passant à travers la végétation et je n'ai pas remarqué cette inscription. Comme je n'ai toujours pas trouvé ces fenêtres, d'ici le printemps, je retournerais fouler ces paysages qui me sont familier.

    Voilà le récit de ma découverte d'Herman de Vries, il faudra que je me plonge dans ces écrits prochainement.

    Quand à Andy Goldsworthy, je l'ai rencontré en 1999 alors qu'il travaillait sur le cairn dans les Clues de Barles. Comme mon anglais été lamentable à l'époque, je n'ai rien compris à ce qu'il nous disait.

    David

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  33. Et en racontant cela tu aiguisé la mienne de curiosité, puisque je suis tombé sur le cercle d’or de la chapelle sainte madeleine sans savoir de quoi il s’agissait. Bref, nos expériences se croisent et nous enrichissent mutuellement. Les miennes d’expériences ne sont pas aussi impressionnantes que les vôtres. J’étais un gros fainéant aimant les facilités de la ville et reniant le côté agricole paternelle, le fait de vivre à la ferme me gonflait et puis…. Il y a eu Andy et un amour démesuré pour les grands espaces est né. Un retour aux sources, une redécouverte des richesses familiales niées jusqu’alors, une envie d’éprouver tout cela. Le land art est donc pour moi une réelle première expérience de « l’extérieur ». Extérieur de la ville, extérieur de mon propre être. Le grand dehors auquel j’aspire maintenant, en constante lutte avec le petit chez sois qui me réconforte souvent. Allez dehors est pour moi nouveau et non une réminiscence et un rappel d’expériences passées. Une vision différente qui se joint aux vôtres et nous donne à échanger.
    Peut-être est-ce pour cela que je cherche plus à obtenir des travaux lisses ou finis. Un réflexe de mon petit chez moi, le fait d’aimer regarder mes travaux après coup. Une esthétisation mal venue ?
    Peut-être aussi pourquoi les travaux que je considère ratés ne le sont pas pour tous.
    Peut-être aussi pourquoi j’aime les petits travaux maîtrisés aux grandes expériences.
    Peut-être aussi pourquoi il y a « mon land art à moi » et « land art expériment ».
    Tout s’explique en fait. S’explique et se complète. Je veux arriver trop vite au but et je recherche le chemin. Et David se plaît dans le chemin en essayant (inconsciemment ?) de ne pas atteindre le but. Est ce un bien ? Un mal ? Nul n’a la réponse. Mais si je tente de trouver le chemin, pourquoi ne pas tenter de te fixer un but ?
    Ou la la, c’est puissant ce que je viens de dire…. Ça me donne mal au crâne… :))

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  34. N'allez pas croire que je n'ai aucun but, bien au contraire. Chaque réalisation est un but en lui même car au départ, on ne s'est jamais ce que cela va donner. Chaque expérience ou réalisation est un pas de plus sur le chemin ou une pierre en plus pour former l'édifice.

    Je ne retrouve pas la source mais récemment il y a eu une interview du dessinateur Wolinsky au 18:30 de France 3 et une phrase m'a interpelé. Elle concernait ses réalisations et il disait en gros : que ces œuvres étaient derrière lui mais qu'il n'avait pas encore atteint son chef d'œuvre. Il faisait une certaine allusion à la mort en parlant de son aboutissement personnel.

    Je ne cherche pas à tout pris le but, l'aboutissement, le chef d'œuvre ni la mort d'ailleurs. Je fais le rapprochement avec la randonnée. Dans mes souvenirs d'ascension, je me souviens pratiquement pas de l'instant d'arriver au sommet mais beaucoup plus de tout le chemin qui m'a permis d'y arriver. Et comme généralement, je ne suis pas le sentier, je me retrouve dans des lieux peu ou pas parcouru par les autres randonneurs.

    Comme cette ascension que j'ai réalisé par les deux côtés et qui pour des artistes de land art pourrait être véritablement une très belle découverte : http://marcheur-au-hasard.blogspot.com/2009/06/ascension-de-la-tete-de-lestrop.html
    Si ça vous dit un jour.

    Moi aussi, je fini par avoir mal au crâne. Mais comme il ne neige pas chez moi et qu'il y a quelques rayons de soleils qui percent, je vais pouvoir aller me promener.

    David

    David

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  35. http://us.i1.yimg.com/us.yimg.com/i/mesg/emoticons7/62.gif
    horreur!
    je viens d'écrire un bloc de lignes et mon ordi s'est déconnecté!!
    je reviendrai plus tard.
    tout ce que vous racontez est tellement dense qu'il faut organiser toutes mes réponses pour qu'elles soient claires!
    mais là...ça m'éneeeeeeeeerve!!!!!

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  36. Au vue de tous ces commentaires, la suite devrait être aussi prolifique en débat. Merci à vous.

    David

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  37. Sais-tu Emmanuel qu'Andy vivait dans une caravane et travaillait dans une ferme comme ouvrier agricole pour payer ses études d'art?
    Sans cette expérience il n'aurait jamais donné autant de puissance aux oeuvres qui sont dans "murs et enclos", il ne les auraient sans doute même jamais réalisées.
    Les expériences ne sont petites ou grandes qu'en fonction de la taille des étincelles qu'elles font jaillir dans tes yeux.
    Tu peux tenter de les planifier si tu veux bâtir une carrière, ou te laisser porter par elles.
    L'appétit de vivre est notre bien le plus précieux. C'est cette énergie, ce feu intérieur qu'il faut nourrir.
    C'est lui qui fait de nous ce que nous sommes, qui nous rend unique et apte à affronter tous les défis.
    Le reste n'est que capacité d'adaptation, savoir faire... pas toujours simple mais beaucoup moins primordial.
    Rien de ce qui te fait vibrer n'est futile, c'est ce qui te construit et t'enrichit... constitue ton expérience pour demain.
    C'est aussi ce qui te permets de relativiser l'importance des compromis que tu peux être amené à faire dans la vie quotidienne.

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  38. Bonjour David,

    Je prends de court le débat....
    Je suis un peu du genre " Taiseux" et ai beaucoup de mal à discuter sur telle ou telle création. Par contre je suis avide d'émotions et quand je passe chez toi, j'en prends plein les yeux !
    Bravo pour la qualité de ton travail et merci pour ces purs moments de bonheur que tu nous offres.

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  39. Merci Géco pour cette petite visite sur mon blog.
    Je crois que le débat sur ce message est terminé et qu'il s'est reporté sur un autre.

    Encore merci.
    David

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